Le climat des affaires se détériore mais l'industrie résiste

Le climat des affaires se détériore mais l’industrie résiste

Le climat des affaires en France s’est légèrement détérioré en avril en raison des restrictions sanitaires pour lutter contre la propagation du virus. Le repli de l’indice s’explique essentiellement par la détérioration des perspectives dans le secteur des services et du commerce de détail, malgré une amélioration dans l’industrie.

Une lourde chute

L’indice du climat des affaires s’est détérioré en avril, s’établissant à 95 soit une chute de 2 points par rapport au mois de mars. Ce repli modéré s’explique essentiellement par une détérioration des perspectives dans le tertiaire et le commerce de détail en lien avec le renforcement des mesures sanitaires, compensé partiellement par une nouvelle amélioration du climat des affaires dans l’industrie. La tendance observée dans l’industrie ces derniers mois se confirme en avril : à 104 points, l’indice du climat des affaires repasse au-dessus de sa moyenne. Dans ce secteur, les principaux indicateurs de confiance sont au vert, notamment les carnets de commande et les perspectives personnelles de production.

Pour rappel, le troisième confinement avait été décrété peu de temps après la publication de l’indice du climat des affaires du mois de mars qui n’en tenait donc pas compte.

Résistance du climat des affaires

Les données du mois d’avril sont évidemment à relier avec le confinement national décrété depuis le 31 mars pour lutter contre la propagation du virus. Pour autant, les mesures prophylactiques de 2021 ne sont pas aussi strictes que celles de 2020. Elles s’accompagnent en plus d’une adaptation des acteurs économiques pour maintenir la production et d’une accélération de la campagne de vaccination (objectif de 10 millions de personnes vaccinées en plus par mois jusqu’à la mi-juin), ce qui peut expliquer la résistance de l’indice par rapport au mois précédent. Les indices PMI d’avril, publiés à la fin de la semaine, devraient confirmer cette tendance.

Vers des annonces de déconfinement ?

Ces évolutions interviennent alors que le gouvernement français est en train de préciser les modalités de sortie de confinement à la mi-mai, malgré le contexte sanitaire toujours fragile. Emmanuel Macron devrait d’ailleurs annoncer lui-même le calendrier d’assouplissement, comme il s’y était engagé. Une des solutions envisagées serait un déconfinement localisé en fonction des particularités de chaque territoire pour concilier les faibles taux d’incidence dans certains territoires et l’asphyxie des services de réanimation dans d’autres. Si c’est l’option retenue, alors la reprise économique suivrait logiquement dans les territoires concernés.

Quoiqu’il en soit, les quatre dernières semaines de restrictions pèseront sur l’évolution du PIB en 2021, notamment au deuxième trimestre qui démarre sur des bases fragiles. Néanmoins, le prolongement des mesures de soutien public, et notamment de chômage partiel, jusqu’au début de l’été devrait continuer d’en atténuer l’impact. Nous continuons d’anticiper une forte reprise de l’économie au troisième trimestre 2021 et une prévision de croissance du PIB d’environ 5% pour l’année.