Climat des affaires : Le secteur industriel peine à devenir le moteur de l’économie française

Climat des affaires : Le secteur industriel peine à devenir le moteur de l’économie française

Le climat des affaires s’est dégradé en France en février, en raison de la détérioration de la situation dans les secteurs des services et du commerce de détail. Le secteur industriel peine à devenir le moteur de l’économie française. Une stagnation ou une diminution du PIB au premier trimestre 2021 ne peut plus être exclue.

Les restrictions pèsent sur le climat des affaires

L’indice du climat des affaires collecté par l’INSEE s’est dégradé en France en février, atteignant 90 contre 91 en décembre et en janvier. Cette diminution a principalement été causée par une dégradation du climat des affaires dans les services (88 contre 92 en janvier) et dans le commerce de détail (89 contre 93 en janvier). Dans le même temps, le climat des affaires s’améliore dans l’industrie manufacturière (97 contre 96). Une forte chute des perspectives futures est observée dans le secteur des services, mais aussi dans l’automobile, probablement en raison des perturbations vécues actuellement sur les chaines d’approvisionnement.

Ces évolutions sont évidemment à mettre en lien avec les restrictions toujours fortes appliquées actuellement en France pour lutter contre la propagation de la pandémie. Notamment, le couvre-feu à 18h, la fermeture des centres commerciaux de 20 000m² ou plus et la fermeture des installations de sports d’hiver. Cette dernière restriction a probablement un impact encore plus fort sur le climat des affaires en février que les mois précédents, car février est habituellement la saison haute pour les domaines skiables en raison des vacances scolaires.

Une dichotomie qui n’est pas bénéfique à la France

Plus globalement, l’indice du climat des affaires, tout comme les indices PMI, dépeignent un tableau dichotomique pour la France, similaire à ce qui s’observe dans le reste de l’Europe : d’un côté le secteur industriel, qui continue à se relever avec de meilleures perspectives chaque mois, de l’autre les secteurs des services et du commerce de détail, qui dépriment. Cette dichotomie était déjà visible en janvier, mais elle s’est encore accentuée davantage en février. Le problème est que, malgré l’amélioration du climat des affaires et contrairement à d’autres pays européens, le secteur industriel français peine à devenir un véritable moteur économique pour le pays et à prendre le relai d’un secteur des services en souffrance. Ainsi, la production industrielle en France avait fortement diminué en décembre et affichait la pire des performances des pays européens. Dès lors, si le redressement du climat des affaires dans l’industrie en janvier et en février est une bonne nouvelle, le secteur industriel part d’un niveau très bas. Ce redressement ne sera dès lors probablement pas suffisant pour compenser la faiblesse des autres secteurs. Cela fait renaitre les craintes d’une nouvelle récession en France, après celle de la première partie de 2020. Le PIB avait chuté de 1.4% au T4 2021, notamment en raison du confinement de novembre. Depuis décembre, le niveau d’activité semble stagner. La Banque de France estime que l’activité se trouvait 5% en-dessous de son niveau d’avant crise en décembre et janvier, et que le même niveau devrait être atteint en février. Si cela devait se prolonger ou se détériorer en mars, on pourrait voir le PIB au T1 2021 stagner ou même diminuer. Et cette dernière possibilité n’est pas tout à fait exclue, dans la mesure où de nouvelles restrictions sont en train d’être mises en place en raison de l’évolution de la situation sanitaire, dont un confinement les week-ends dans certaines régions de France particulièrement impactées. En même temps, la campagne de vaccination se déroule trop lentement pour permettre un assouplissement des mesures de confinement dans un avenir proche.