Le confinement a favorisé l’épargne

Le confinement a favorisé l’épargne

Dans la dernière enquête internationale d’ING, la banque a mesuré les perceptions de près de 26.000 Européens (dont 1.000 français) concernant leur comportement de consommation et d’épargne pendant la pandémie de coronavirus. Avec la fermeture des magasins, une forme d’épargne forcée s’est développée. Les trois tendances suivantes ont été identifiées.

  • Les membres de la génération Z sont les plus susceptibles de dire qu’ils ont augmenté leurs économies pendant la période de confinement et qu’ils ont acheté plus en ligne.
  • Le sentiment d’inconfort quant à l’épargne ne s’est pas détérioré pendant le confinement. La sécurité financière en matière d’épargne s’est même améliorée de 5pp depuis le 19 décembre dans l’ensemble de l’UE.
  • La pandémie a creusé le fossé financier existant entre ceux qui ont de l’épargne et les autres.

La génération Z est la plus susceptible de dire qu’elle a augmenté ses économies pendant la pandémie

En Europe, la génération Z est la tranche d’âge la plus susceptible de dire qu’elle a augmenté ses économies pendant la période de confinement. Près de la moitié (45%) des personnes âgées de 18 à 24 ans déclarent en effet avoir augmenté leur épargne pendant cette période contre 30% en moyenne. En France, alors que le chômage temporaire a limité pour beaucoup les pertes de revenus et que les dépenses non-alimentaires étaient pratiquement impossibles en dehors des achats en ligne, ce chiffre est étonnamment bas (25%), la majorité des répondants indiquant ne pas avoir changé de comportement.

Les jeunes français ont cependant épargné plus (41% d’entre eux) que la moyenne. A l’inverse, c’est moins le cas pour les personnes plus agées : entre 55 et 64 ans, 22% des répondants disent avoir épargné davantage pendant le confinement, un chiffre équivalent à la moyenne de l’enquête ING en Europe.

L’enquête montre en outre que seuls 31% des Français disent avoir acheté plus en ligne pendant le confinement contre 40% des Européens. Cette proportion atteint cependant 47,5% chez les 18 à 24 ans contre plus d’un quart des plus de 45 ans. On notera que ce mouvement a permis une augmentation de 50% des ventes de détail en ligne en avril par rapport au début de l’année selon les chiffres de l’INSEE.

Le sentiment d’inconfort financier ne s’est pas renforcé au cours du confinement

Malgré l’incertitude économique générale, il semble que le sentiment d’inconfort financier en matière d’épargne ne se soit pas renforcé pendant la pandémie, au contraire. ING a constaté que 68% des Européens ont déclaré qu’ils auraient besoin de plus d’économies pour se sentir financièrement à l’aise, c’est 5 points de moins que dans une enquête équivalente datant du mois de décembre dernier (73%). En France, cette proportion était de 74% en décembre et de 65% en mai. On notera que la proportion est la même pour les travailleurs et les non travailleurs (68%) mais plus faible pour les retraités (54%, soit nettement moins qu’en décembre où ils étaient 63%). Ce sont les 25 à 34 ans qui ressentent le plus d’inconfort quant à leur manque d’épargne, mais il n’a pas augmenté entre les deux enquêtes.

La pandémie aggrave la fracture financière

S’il semble que l’inconfort financier ne s’est pas trop renforcé, les recherches d’ING ont également montré que ceux qui se trouvaient dans une situation financière relativement fragile avant le confinement étaient aussi moins susceptibles que les autres d’économiser davantage pendant la pandémie.

Parmi les ménages européens qui n’ont pas d’économies, 33% déclarent qu’ils ont économisé encore moins pendant le confinement, contre seulement 20% des ménages qui disposent d’une réserve d’épargne. En France, où 25%1 des répondants ont déclaré ne pas avoir d’épargne, 29% d’entre eux déclarent avoir économisé encore moins pendant le confinement contre 16% des autres ménages.

Retrouvez l’intégralité de l’analyse de l’ING International Survey Savings de juillet 2020.
 


1Une proportion un peu supérieure aux 17% à 20% mesurés par l’AMF dans son Baromètre de l’épargne des 3 dernières années.