Consommation : une reprise hétérogène

Consommation : une reprise hétérogène

Les ventes de détail ont progressé de plus de 9% en juin et sont plus élevées que l’an dernier de 5,5%, des chiffres meilleurs qu’attendus qui ne doivent cependant pas cacher une certaine hétérogénéité entre les catégories de produits. Les ventes élevées de certaines catégories suggèrent que le rythme sera difficile à soutenir dans la longueur et que la question de la reprise reste posée pour après l’été. 

Les ventes au détail grimpent à nouveau en juin …

Les ventes au détail en France ont continué de se redresser en juin : après 38,6% de hausse en un mois en mai, elles ont grimpé de 9,4% en juin et sont 5,5% plus élevées que l’an dernier. Ces chiffres confirment le rebond de la consommation après le confinement et ce malgré le fait que le début des soldes ait été reporté au mois de juillet. Si le fort rebond du mois de mai était naturel du fait du déconfinement, celui de juin, plus fort qu’attendu, apparaît comme un soulagement. Cependant, les détails montrent une situation très contrastée. Les achats liés aux loisirs pratiqués à la maison (bricolage, livres, jouets) ou la mobilité douce (vélos notamment) sont les principaux conducteurs du rebond, avec le rattrapage mesuré dans l’électroménager et l’ameublement ou les automobiles. Ce ne sont donc pas à proprement parler des achats qui sont appelés à rester à des niveaux aussi élevés. Les achats de consommation plus courante, en particulier dans le textile, sont toujours en forte baisse sur un an. On remarquera que si les ventes de textile en ligne sont en effet en hausse, ce n’est pas suffisant pour compenser la forte baisse enregistrée dans les magasins qui est encore 25% inférieure au niveau de l’an dernier, sans parler des achats dans les centres commerciaux.

…confirmant le redressement des dépenses de consommation en biens

Ces chiffres se retrouvent dans ceux de la consommation en biens du mois de juin, publiés récemment par l’INSEE (Graphique ci-dessous).

 

Ceux-ci montraient en effet que si la consommation avait récupéré son niveau d’avant-crise dans l’alimentaire et les biens manufacturés, le rebond était surtout le fait des dépenses en électroménager, ameublement et automobile : la consommation restait inférieure de 25% à celle d’avant-crise (T4 2019) pour les autres biens de consommation durables. Les dépenses en habillement restaient elles aussi inférieures, reportant l’espoir de tout un secteur sur la période de soldes.

Et après ?

Jusqu’ici, tous les chiffres, y compris ceux des intentions d’achat dans les enquêtes de confiance, sont cohérents avec la reprise en forme de V attendue pour l’après-confinement. Cependant, le détail des ventes montre que la reprise devrait se trouver des relais dans les biens de consommation plus courante (il y a somme toute des limites à la reprise de l’ameublement et de l’éléctroménager), surtout si la rentrée se passe sans trop de perturbations sanitaires. Au vu des intentions élevées d’épargne mesurées dans les enquêtes auprès des consommateurs, le risque pour la reprise est de voir ceux-ci, une fois les vacances terminées et avec elles l’euphorie de la liberté de circulation retrouvée, revenir à des comportements d’épargne et de consommation plus prudents après l’été. En tout état de cause, les chiffres confirment une nouvelle fois que le rebond de l’activité au troisième trimestre sera principalement guidé par la consommation des ménages. Nous attendons toujours une croissance de 11% T/T au troisième trimestre qui devrait permettre de maintenir la récession juste sous la barre des 10% en 2020.