Après une stabilisation en février, une contraction de la consommation est à attendre

Après une stabilisation en février, une contraction de la consommation est à attendre

La consommation des ménages en biens en France est restée stable en février, malgré le décalage de la période des soldes. Une détérioration est à attendre en mars et avril compte tenu de la situation sanitaire. Le potentiel de reprise reste néanmoins présent pour la suite.

Consommation de biens stable

Le volume de consommation des ménages en biens est resté stable en février par rapport à janvier. Les Français ont acheté davantage de biens fabriqués (+3.4% en glissement mensuel), mais moins d’énergie (-3.1%) et de biens alimentaires (-2.2%). La hausse des dépenses en biens fabriqués est causée en partie par le décalage de la période des soldes (repoussée du 20 janvier au 2 mars alors qu’elles ont d’habitude lieu en janvier), qui a boostée les dépenses en habillement-textile et en biens d’équipements du logement. En février 2021, les dépenses en biens sont quasiment (-0.1%) à leur niveau d’avant crise, soit le niveau qui prévalait en février 2020.

Ces données ne tiennent pas compte de la consommation de services des ménages, qui représente plus ou moins la moitié du panier de consommation. Or, la consommation des services reste très affectée par les mesures sanitaires et n’a probablement que très peu évolué depuis le confinement du mois de novembre dernier. En conséquent, si la consommation des biens est revenue à son niveau d’avant crise, la consommation totale des ménages en est encore loin, probablement entre 5 et 8% en-dessous du niveau de fin 2019.

Une détérioration est à attendre, avant une reprise dynamique

En marquant une stabilisation entre janvier et février, les données de consommation de biens renforcent notre prévision d’une activité économique stable sur les deux premiers mois du premier trimestre 2021. La consommation de biens devrait néanmoins fléchir en mars, compte tenu du renforcement progressif des mesures de restrictions sanitaires. Après une série de mesures ciblées (confinement le week-end dans certaines villes, fermeture des grands centres commerciaux), un nouveau confinement a été mis en place dès le 20 mars dans une grande partie de la France. Celui-ci implique la fermeture des commerces considérés comme non-essentiels et devrait donc peser sur la consommation des biens. Les mesures portant également sur le mois d’avril, la consommation devrait rester déprimée au début du T2.

La détérioration de la situation sanitaire et le renforcement progressif des mesures de confinement ont pour conséquence de retarder sérieusement la reprise économique. Nous restons néanmoins persuadés que le potentiel pour une reprise dynamique existe toujours, notamment grâce à la consommation des ménages qui devrait rebondir rapidement une fois les restrictions levées. Les données sur la confiance des consommateurs, en hausse de trois points en mars, confirment cette possibilité. Néanmoins, cette reprise est repoussée à beaucoup plus tard au T2 qu’espérée précédemment compte tenu de la sévérité actuelle de la situation sanitaire. En conséquence, l’essentiel de la reprise devrait avoir lieu au second semestre 2021 et en 2022. Cela implique que la croissance du PIB sera moins dynamique qu’attendu au T2 et que la croissance en 2021 sera probablement plus faible qu’espérée précédemment. L’objectif du gouvernement de 6% de croissance en 2021 semble de moins en moins atteignable, une croissance aux alentours de 5% nous semble plus réaliste.