Pour 4 non-propriétaires sur 5, économiser pour acheter une maison n’est pas la principale priorité financière

Pour 4 non-propriétaires sur 5, économiser pour acheter une maison n’est pas la principale priorité financière

  • Avant d’épargner pour leur premier achat immobilier, 81 % des Européens visent au moins un autre objectif en priorité, comme fonder une famille, rembourser les emprunts souscrits pour financer les études, vivre à un emplacement proche de toutes commodités ou financer voyages et loisirs.
  • La majorité des Européens (55 %) estiment que le marché de l’immobilier dans leur pays n’est pas favorable, avec notamment des difficultés pour accéder à la propriété.
  • Ils sont encore plus nombreux (62 %) à parier sur une hausse des prix de l’immobilier dans les 12 prochains mois.
  • Environ 4 locataires sur 10 (38 %) n’ayant jamais été propriétaires ne pensent pas être en mesure d’acheter un jour. À peine 7 % d’entre eux prévoient d’acheter avant d’avoir 30 ans et seulement 16 % ne souhaitent pas accéder à la propriété.
Acheter sa propre maison semble être un rêve de moins en moins réalisable pour les consommateurs européens. Selon eux, le marché est devenu cher et inaccessible et économiser pour s’acheter une maison n’est actuellement pas leur priorité financière.

D’après la dernière enquête internationale d’ING, 70 % des Européens s’accordent à dire qu’il est difficile pour les primo-accédants de mettre un pied dans le monde de la propriété. Pourtant, ils sont autant à juger qu’il est plus avantageux financièrement d’acheter que de louer.

Alors que 62 % prévoient une nouvelle hausse des prix de l’immobilier durant l’année à venir et que 55 % estiment que le marché de l’immobilier dans leur pays ne va pas en s’améliorant, 81 % des consommateurs qui n’ont jamais été propriétaires déclarent qu’avant d’économiser pour acheter leur première maison, ils visent au moins un autre objectif en priorité, comme fonder une famille, rembourser les emprunts souscrits pour financer les études, vivre à un emplacement proche de toutes commodités ou se payer des loisirs ou des voyages.

Ces résultats reflètent l’impact des pressions économiques accrues qui sévissent à travers toute l’Europe. Les prix des maisons dépassent le revenu moyen, aussi la plupart des consommateurs considèrent que le marché de l’immobilier est financièrement inaccessible, même si les taux d’intérêt demeurent favorables.

Un délai plus long

Faire l’acquisition d’une maison reste un objectif de vie important pour la plupart des gens. Parmi les personnes qui sont actuellement locataires et qui n’ont jamais accédé à la propriété, seuls 16 % n’en ont pas l’intention. Mais les prix élevés (77 %), l’inquiétude de devoir faire face à une dette considérable (70 %) et la crainte que les taux d’intérêt montent pendant la durée d’emprunt (53 %) constituent des freins importants, et les consommateurs pensent qu’il leur faut plus de temps pour mettre de côté.

38 % des locataires qui n’ont jamais accédé à la propriété ne pensent pas être en mesure d’acheter un jour. Ceux qui prévoient au contraire d’acheter une maison acceptent que ce projet puisse être un peu plus lointain. Un quart (27 %) des 25-34 ans pensent qu’ils devront attendre d’avoir plus de 35 ans avant d’acheter. Seuls 7 % des locataires prévoient de devenir propriétaires avant 30 ans.
 
Jessica Exton, Chercheuse en sciences du comportement chez ING, a déclaré : « Nombre d’entre nous souhaitent acquérir leur propre maison un jour. En plus d’être perçu comme une décision judicieuse sur le plan financier, devenir propriétaire est un objectif émotionnel et personnel. Mais les maisons sont chères et sont vouées à l’être de plus en plus aux yeux de nombreuses personnes. Certaines prennent par conséquent plus de temps pour économiser et acheter plus tard. Compte tenu de ces délais étendus, il n’est pas surprenant que beaucoup de gens trouvent des raisons supplémentaires pour dépenser et épargner à court terme. On se paye un voyage aujourd’hui, tout en prévoyant d’acheter une maison bientôt, par exemple. »
 
Un marché défavorable

Pour la troisième année consécutive, le pourcentage d’Européens qui estiment que le marché de l’immobilier ne suit pas la bonne trajectoire dans leur pays a augmenté, passant de 45 % en 2017 à 55 %. Seuls 28 % des sondés pensent que le marché est sur la bonne voie. Ces chiffres sont dus au fait que l’accession à la propriété soit incertaine.

Le manque de logements abordables à l’échelle nationale (78 %) et par rapport aux autres pays (36 %) et l’absence d’une réglementation favorable aux primo-accédants (31 %) sont les raisons le plus fréquemment citées. Ceux qui jugent que leur pays est sur la bonne voie mettent l’accent sur la rentabilité financière et soulignent que le marché offre suffisamment d’opportunités d’investissement (39 %) et un retour sur investissement solide (46 %).

Julien Manceaux, Senior Economist chez ING, affirme : « Les consommateurs réagissent en fonction de l’évolution des coûts de l’immobilier. Depuis 2014, la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne influe directement sur les marchés immobiliers nationaux. Elle a eu pour conséquence de faire baisser les taux d’intérêt des prêts immobiliers à des niveaux jamais atteints. Entre l’année 2014 et le déroulement de notre enquête, les baisses de taux ont dépassé 1 point de pourcentage dans la plupart des pays. La capacité d’emprunt de nombreux acheteurs potentiels s’est alors améliorée, rendant le marché plus abordable. Le nombre de personnes qui s’accordent à dire qu’il est de plus en plus difficile d’acheter pour les primo-accédants a légèrement diminué, notamment dans les pays où les taux d’intérêt ont davantage reculé. Les variations potentielles de taux d’intérêt sont fréquemment citées en tant que frein à la propriété et cette évolution semble avoir influé sur les réponses à l’enquête. Manifestement, les citoyens européens ressentent les répercussions des mesures prises par la BCE dans leur vie. »

À propos de la recherche

L’Enquête internationale ING sur l’épargne a été réalisée par Ipsos sur la base d’un sondage Internet. 15 146 répondants ont été interrogés dans quinze pays : Autriche, Belgique, République tchèque, France, Allemagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Espagne, Turquie, Royaume-Uni, Australie et États-Unis d’Amérique. Le sondage a eu lieu entre le 16 et le 30 août 2019. Le rapport complet est disponible sur https://think.ing.com/consumer/ing-international-survey/.

L’enquête internationale ING est publiée plusieurs fois par an par ING International Consumer Economics. Axée autour des thèmes de l’argent et de la vie quotidienne, elle combine des idées sur l’éducation financière, la finance personnelle et l’économie comportementale pour offrir des informations régulières et pratiques sur la manière dont les gens gèrent leur argent et comment cette gestion se répercute sur la vie des consommateurs.