Eurozone quarterly: à plein régime

Eurozone quarterly: à plein régime

 L’ING Eco, votre rendez-vous hebdo, vous propose un résumé des dernières actualités macroéconomiques, grâce aux experts d’ING Belgique.

États-Unis – Economie à plein régime et shutdown

Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs a baissé de manière inattendue en janvier, selon la version préliminaire de l’indicateur publié par l’université du Michigan. En passant de 95,9 à 94,4, il atteint son niveau le plus bas sur les 6 derniers mois mais reste tout de même à un niveau très élevé. Cette baisse s’explique notamment par la moindre volonté des consommateurs à consentir de grosses dépenses, dans la mesure où ils s’attendent à une inflation plus forte dans le futur proche.

Le marché de l’emploi américain reste d’ailleurs très dynamique. Ainsi le nombre de personnes bénéficiant pour la 1ière fois d’allocations de chômage est passé de 261 000 à 220 000 personnes durant la 2ième semaine de janvier , son niveau le plus bas sur la dernière décennie. De plus, la production industrielle a rebondi au mois de décembre, en augmentant de 0,9% (MoM) alors qu’elle avait été revue à la baisse à -0,1% (MoM) pour le mois de novembre. Cette augmentation va de pair avec un taux élevé des capacités d’utilisation. A 77,9% pour le mois de décembre, il atteint son niveau le plus élevé depuis début 2015. On peut donc s’attendre à ce que les entreprises investissent dans leur capacités de production dans les mois à venir, ce qui sera un moteur additionnel de croissance économique.

Enfin, Donald Trump a débuté la 2ème année de son mandat avec un shutdown après que le Sénat ait échoué, ce week-end, à se mettre d’accord sur une augmentation du plafond de la dette publique américaine. Aux dernières nouvelles, il semblerait que les Républicains et Démocrates soient tout de même parvenus à un accord. A noter, que le dernier shutdown en date remonte à octobre 2013. Il avait alors duré 16 jours mais n’avait pas eu de conséquences durables sur l’économie américaine.

Zone euro – Un pas de plus vers un gouvernement en Allemagne

En Allemagne, les délégués du SPD ont approuvé à 56% le pré-accord négocié avec les chrétiens-démocrates (CDU/CSU). La phase officielle des négociations pour former un gouvernement de coalition peut à présent débuter et devrait être rapide étant donné le niveau de détail du pré-accord, à moins que le SPD ne remette certains sujets sensibles sur la table (immigration, marché du travail, soins de santé). Une fois l’accord final obtenu, il devra encore être soumis au vote des 440.000 membres du SPD, or la courte majorité (56%) obtenue hier laisse planer un vent d’incertitude quant à l’issue de ce vote final. Sachant que Madame Merkel souhaite parvenir à un accord avant Carnaval (14 février) et comptant qu’il faille à ce moment-là encore 3-4 semaines pour soumettre l’accord final au vote des membres du SPD, on peut espérer avoir un gouvernement pour mi-mars au plus tôt, c’est-à-dire, 6 mois après les élections.

Eurozone Quarterly : à plein régime

L’économie de la zone euro est prête pour une quatrième année consécutive de croissance relativement forte. Bien que l’output gap se réduise de plus en plus, nous ne prévoyons qu’une légère hausse de l’inflation. La politique monétaire devrait dès lors rester accommodante en 2018.

La reprise de la zone euro semble s’emballer. L’indicateur €-coin, un indicateur mesurant la tendance sous-jacente de la croissance, s’est établi à 0,91% en décembre, ce qui suggère une croissance de plus de 3% en termes annualisés. Nous ne sommes pas sûrs que ce rythme de croissance pourra être maintenu, mais sommes malgré tout d’avis que la croissance du PIB sera au moins aussi forte en 2018 qu’en 2017. 2018 serait ainsi la quatrième année successive de croissance supérieure au potentiel.

Un taux d’utilisation des capacités de production en hausse, ainsi que des conditions financières généreuses continueront probablement à stimuler les investissements des entreprises. En dépit de la vigueur de l’euro, les perspectives demeurent positives pour les exportations, favorisées par la reprise des investissements mondiaux. La solidité du marché du travail et la robuste confiance des consommateurs qui en résulte sont à leur tour, de bonnes nouvelles pour la consommation privée.

Il est vrai que la politique pourrait venir jouer les trouble-fêtes, mais il ne faut pas exagérer ce facteur. En Catalogne, les partis indépendantistes ont conservé la majorité au parlement catalan et le problème ne sera dès lors pas résolu rapidement. Selon nous, l’impact négatif sur l’économie espagnole restera néanmoins limité. Des effets légèrement néfastes ne pourront cependant être évités. Le budget 2018 n’a ainsi pas encore été approuvé parce que le parti nationaliste basque (EAJ) ne veut pas soutenir le gouvernement minoritaire de Rajoy aussi longtemps que le problème catalan n’est pas résolu.

En Allemagne, il n’y a toujours pas de nouveau gouvernement, ce qui est exceptionnel pour le pays. Il n’est toujours pas certain que les membres du SPD donneront leur feu vert pour la formation d’un gouvernement avec le CDU/CSU de Merkel. Cette situation est cependant surtout problématique pour l’Europe. Dans les conditions actuelles, Merkel ne dispose pas de mandat pour effectuer des réformes ambitieuses au sein de la zone euro, alors qu’une nouvelle grande coalition serait plutôt pro-européenne.

Les élections italiennes auront lieu le 4 mars. Actuellement, le paysage politique est fragmenté, ce qui devrait compliquer la formation d’une coalition. Selon nous, la probabilité d’un gouvernement europhobe est faible.

Le chômage continue à se replier et s’est établi en novembre à 8,7%, soit le niveau le plus faible depuis janvier 2009. Les entreprises ayant toujours l’intention de recruter du personnel, nous nous attendons à ce que le recul du chômage se poursuive en 2018 pour revenir à un taux de moins de 8% à la fin de l’année. La solidité du marché du travail ne provoque toutefois pas de forte hausse de l’inflation. La courbe de Phillips s’est en outre aplatie, de sorte que nous ne nous attendons certainement pas à une flambée de l’inflation. Selon nous, l’inflation sous-jacente devrait atteindre près de 1,5% à la fin de 2018.

Même si l’inflation reste faible, de plus en plus de personnes devraient commencer à réclamer la fin de la politique monétaire accommodante de la BCE. Jens Weidmann, le président de la banque centrale allemande, a répété il y a peu que la BCE devait fixer une échéance pour son programme de rachat d’actifs. Ceci étant dit, une majorité des membres du Conseil des gouverneurs voudra éviter un resserrement prématuré de la politique, certainement dans un contexte d’inflation modérée.

Un ajustement de la communication ne peut cependant être exclu. Dans le compte-rendu de la réunion de décembre, on pouvait même lire que la BCE envisage un tel ajustement si l’économie continue à évoluer en direction de ses objectifs. Nous prévoyons toujours un prolongement du programme de rachat d’actifs jusqu’en décembre 2018. Un premier relèvement des taux n’interviendra probablement qu’à la mi-2019. Étant donné qu’il subsiste des liquidités excédentaires sur les marchés, les taux à court terme devraient rester proches du taux de dépôt de la BCE. Cela signifie que les taux à court terme resteront négatifs jusqu’à l’été 2019. En ce qui concerne les taux à long terme, nous sommes d’avis que les pressions haussières resteront limitées en raison du programme de rachat. La hausse des taux aux États-Unis et les attentes d’une fin du programme de rachat en 2019 devraient cependant entraîner une tendance légèrement haussière.