Lesly, en route pour l’Ironman #3 : interview du coach et conseils pour le triathlon

Lesly, en route pour l’Ironman #3 : interview du coach et conseils pour le triathlon

Lesly Bové, Relationship Manager chez ING Wholesale Banking (banque de financement d’ING Bank France), s’est donné pour défi de bien figurer lors du prochain Ironman d’Hawaï, le championnat du monde de triathlon très longue distance le plus connu de la planète. Jusqu’au jour J, ING vous propose de suivre les aventures et l’entraînement de ce collègue pas comme les autres. Aujourd’hui, rencontre avec son coach, Karl Van Biervliet, double participant à la mythique épreuve hawaïenne.


Karl Van Biervliet, triathlète chevronné et coach de Lesly

Quel athlète est Lesly, quelles sont ses forces, sur quoi doit-il travailler le plus ?

Lesly est un athlète talentueux qui réussit à atteindre un haut niveau avec relativement peu d’entrainement. C’est aussi quelque part son point faible parce que sa mentalité et son système cardiovasculaire sont beaucoup plus fort que son corps. Pour cette raison nous avons commencé, il y a deux ans, très prudemment avec beaucoup de gainage et des étirements pour éviter des blessures. Cela reste toujours un point d’attention.

Toi qui passe beaucoup de temps avec lui, quels sont ses principaux traits de caractère ?

Lesly est très motivé, passionné même, avec des objectifs clairs en tête. Il est très curieux et cherche par lui-même ce qui peut le rendre meilleur : nouvelles méthodes d’entraînement, nourriture, accessoires, etc. Il a aussi une bonne connaissance de son corps : il sait quand il faut qu’il s’entraine durement tout comme il sait quand il doit lever le pied.

Le fait de travailler à plein temps, est-ce problématique pour un sportif de haut niveau ?

Les triathlètes amateurs qui travaillent à plein temps ont un entraînement qui diffère totalement de celui des triathlètes professionnels. Les pros pensent surtout au repos après l’entrainement, tandis que Lesly doit mettre son costume et partir au boulot. Par conséquent, en tant que coach d’un amateur, je dois veiller à ne pas trop fatiguer mon athlète, car il est important qu’il soit également performant au travail 🙂 Les (mini)stages/camps d’entrainement sont idéals pour fatiguer l’athlète et le laisser faire beaucoup de volume dans une période courte (de quatre jours à une semaine). On peut objectivement reconnaître que quelqu’un travaillant à plein temps ne peut malheureusement jamais atteindre son potentiel maximum, à cause du manque de repos.

Parle-nous de l’entraînement de Lesly.

L’hiver est le moment idéal pour les bases. On essaie de boucler deux à trois entrainements par semaine, de chaque discipline, sans mettre trop d’intensité. Le gainage et les étirements restent un sujet important, même au cours de l’hiver lorsque le volume est moins élevé. Ce volume est « limité » à 10h par semaine. Avec l’arrivée du printemps la charge hebdomadaire augmente peu à peu pour atteindre 15h, avec certaines semaines de 20h et plus (surtout pendant les stages). J’estime que ce volume est toujours assez limité pour un triathlète du niveau de Lesly, mais nous compensons cela en assurant beaucoup d’intensité.

Je crois savoir que tu as déjà fait l’Ironman d’Hawai. Quel a été ton ressenti, as-tu des conseils à donner à Lesly et quels sont les pièges à éviter ?

La première fois, en 2010, j’étais vraiment ému de participer à un tel événement ! C’est une expérience inoubliable. Je l’ai refait en 2012 et savais déjà mieux m’organiser au cours du séjour. Je savais comment profiter de mes vacances et en même temps faire une bonne course le jour de l’épreuve, ce qui n’est pas évident. Mon conseil à Lesly est de se préparer le mieux possible mais surtout de profiter de cette expérience unique ! Malgré son niveau élevé, il devra faire face aux meilleurs athlètes du monde (qui ont beaucoup plus de temps que lui pour s’entrainer). Gagner la course est impossible pour un amateur. Le plus important est de se focaliser sur soi-même et de faire une bonne course. C’est un exercice difficile, indéniablement, étant donné la montagne de choses à faire les jours avant l’épreuve. Sans oublier qu’il y a de nombreux triathlètes qui n’hésitent pas à montrer leur excellente forme en courant/roulant/nageant très vite en public. L’épreuve étant l’une des courses les plus difficiles du monde (chaleur, humidité, vent), il est primordial de ne pas gaspiller son énergie les jours précédant la course.

Pour les gens qui souhaitent se lancer dans le triathlon, quels sont les conseils que tu pourrais leur donner ?

Il faut absolument s’y essayer car c’est un très beau sport, qui peut aussi se montrer épuisant parfois (pour le corps et du fait du temps que l’on y consacre). Il faut fonctionner par étapes : commencer avec un triathlon sprint (format XS en France), et augmenter la distance peu à peu. Cela doit rester un plaisir, assurez-vous par conséquent de garder un bon équilibre entre vie familiale, sociale, professionnelle et sport. N’ayez pas peur de solliciter un coach. Nous sommes là pour vous aider et vous guider : de cette manière vous éviterez nombre de pièges.

Le mot de la fin revient à Lesly : « Bonjour les Iron Fans, on se retrouve dans quelques semaines pour un nouvel extrait de mon journal. Pour les curieux, je peux déjà vous confier que malheureusement ma blessure ne va pas mieux. C’est dur, et loin d’être idéal, mais il faut vivre avec. Rendez-vous le mois prochain ! »