La production industrielle en France fait état d'un meilleur second semestre

La production industrielle en France fait état d’un meilleur second semestre

La production industrielle a augmenté de 0,7 % en juillet. Les chiffres témoignent d’une amélioration des perspectives pour les investissements des entreprises. Les indicateurs de confiance font état d’un second semestre satisfaisant, même si les pics de la fin 2017 ont peu de chances de se reproduire.

La production industrielle semble avoir atteint un pic

La production industrielle a rebondi de 0,7 % en glissement mensuel en juillet, après 0,7 % en juin. Cela confirme les signes précédents que la croissance de la production industrielle pourrait désormais se stabiliser à des niveaux tout juste inférieurs à 2 % en glissement annuel. Après un repli de 1,3 % et 0,3 % en glissement trimestriel les deux premiers trimestres de l’année, nous devrions assister à un léger rebond au 3e trimestre 2018. La production industrielle a augmenté de 0,5 % en juillet, mais seule la production de biens d’équipement a progressé (de 2,3 % en glissement mensuel), tandis que les biens de consommation durables et les biens intermédiaires ont connu un recul.

Globalement, le chiffre de juillet est conforme à nos attentes. En effet, compte tenu du rebond de la production de biens d’équipement en juillet, il se situe désormais à 1 % au-dessus de son pic du 4e trimestre 2017, révélant une amélioration du contexte d’investissement pour les sociétés non financières, qui apparaît dans les chiffres du PIB du 2e trimestre 2018. La situation est toutefois beaucoup plus grave pour les biens de consommation durables, dont la production est actuellement inférieure de 7,5 % à son pic du 4e trimestre 2017, témoignant également des faibles dépenses de consommation.

Il existe cependant des signes de stabilisation, essentiellement dans les derniers sondages qui montrent que, même si la tendance n’est pas aussi orientée à la hausse qu’à la fin 2017, le pessimisme n’est pas encore de mise, au moins en comparaison avec la situation il y a seulement 18 mois. Le climat des affaires s’est stabilisé juste au-dessus de sa moyenne à long terme dans le secteur, à 100,9, un cran en deçà de sa moyenne sur 12 mois de 103,9 en juin, indiquant que la tendance actuelle à la baisse de la croissance de la production industrielle pourrait se stabiliser tout juste en dessous de 2 % en glissement annuel au troisième trimestre.

Nous sommes toujours convaincus que le second semestre 2018 pourrait s’avérer plus robuste que le premier. Ce sera insuffisant pour faire passer la barre des 2 % à la croissance du PIB en 2018, mais il s’agit certainement d’un signe indiquant que la phase actuelle du cycle n’est pas encore terminée. À notre avis, le second semestre pourrait encore bénéficier des niveaux relativement élevés de confiance et du recul des effets négatifs des grèves. Il ne faut pas oublier que le rebond de 2017 a été de courte durée : la production industrielle a progressé jusqu’ici au rythme de 1,8 % en glissement annuel, contre 3,6 % au second semestre 2017.

-0,1 % Légère contraction de l’activité de construction jusqu’ici en 2018

L’activité de construction indique toujours l’arrivée à maturité du cycle des prix des logements

L’activité de construction, qui a progressé de 2,9 % en 2017, s’est stabilisée en 2018 (-0,1 % en glissement annuel jusqu’ici cette année). Cette tendance a été confirmée par la croissance de l’investissement des ménages dans les chiffres du PIB du premier semestre 2018 (augmentation de seulement 0,2 % en glissement trimestriel au 1er trimestre 2018 et recul de 0,1 % au 2e trimestre 2018, son taux le plus faible depuis 2015). Alors que ce secteur opère un redressement depuis 2015, nous continuons de déceler les premiers signes d’arrivée à maturité du cycle du marché immobilier.

Tant que les taux d’intérêt restent favorables, nous ne croyons pas à un atterrissage brutal, mais les chiffres de l’activité de construction depuis mai suggèrent que le marché immobilier pourrait connaître un certain ralentissement. En juillet, l’activité de construction a de nouveau reculé, de 1,8 % en glissement mensuel, son quatrième mois en repli jusqu’ici cette année. Ce phénomène, survenu malgré un indice de confiance très élevé dans le secteur et un niveau record de l’utilisation des capacités, s’explique en partie par les pénuries de main-d’œuvre. Cela explique pourquoi nous persistons à penser que la croissance des prix des logements ne devrait pas diminuer. Nous tablons toujours sur une hausse des prix des logements de 2,7 % en 2018, contre 3,2 % en 2017.